
Par Annie Laurent.

L’instauration d’un islam européen repose largement sur la responsabilité des musulmans qui y sont établis. Le problème se pose ainsi : les Européens de confession musulmane doivent-ils persister à s’attacher à des prescriptions ou à des comportements étrangers, voire opposés, aux fondements de la civilisation européenne ?
LES LEÇONS DE L’HISTOIRE
L’histoire montre que l’islam ne s’intègre pas à d’autres cultures. Il s’agit là d’un constat qui transcende les siècles et les territoires car il repose sur une volonté et une Loi (Charia) attribuées à Allah à travers le Coran. « C’est Lui (Allah) qui a envoyé son Prophète avec la Direction et la Religion vraie pour la faire prévaloir sur toute autre religion » (9, 33). Cette parole est complétée par des propos et des pratiques « prophétiques » attribués à Mahomet, qui est présenté dans le Coran comme le « beau modèle » (33, 21), et rapportées dans la Sunna (Tradition) : « L’islam doit dominer et n’être pas dominé ».
Ces principes réputés intouchables sont donc censés avoir une destination universelle et perpétuelle, rappelle Rémi Brague dans l’un de ses livres. Relevant la garantie coranique selon laquelle « Dieu ne fera pas que les incroyants l’emportent sur les croyants » (4, 141), il en tire cette conclusion : « La religion de Mahomet devra donc l’emporter sur toutes les autres communautés religieuses, de l’Orient à l’Occident » (Sur l’islam, Gallimard, 2023, p. 162). Notons que l’islam réserve le qualificatif « croyants » aux musulmans.
Quelle forme doit prendre cette domination ? Sans exclure des termes tels que monarchie, aristocratie ou démocratie pour qualifier ce type de pouvoir, Brague considère que « le terme le plus juste serait cependant celui de “théocratie” pour peu qu’on ne prenne ce mot – souvent compris de travers signifiant le pouvoir des gens de religion – qu’en sa signification authentifiée par son étymologie et sa première occurrence de “pouvoir de [la Loi] de Dieu ». L’auteur illustre cette remarque en se référant à un jurisconsulte arabe sunnite influent au XIIIème siècle, Ibn Taymiyya, qui « recommande d’obéir à des dirigeants injustes dans la mesure où leurs ordres sont conformes à ceux de Dieu » (ibid. , p. 159-160).
R. Brague cite aussi le militant de l’époque contemporaine Rachid Rida (1865-1935) pour lequel les musulmans « considèrent que leur religion n’existe véritablement que du jour où est établi un État musulman indépendant et fort qui puisse, à l’abri de toute opposition et de toute domination étrangère, mettre en application les lois de l’islam » (id. , p. 152).
Qu’en sera-t-il quand les musulmans seront majoritaires en Europe et donc en mesure de s’autogouverner ? Deux options, illustrées par l’histoire, s’offriront alors à eux.
L’instauration d’un régime politique et social conforme aux principes de la charia, privant de l’égalité citoyenne les minorités non musulmanes ; celles-ci seront alors soumises au statut de la dhimmitude (protection-assujettissement), terme souvent traduit par « tolérance » (Coran 9, 29). Cf. A. Laurent, L’islam, pour tous ceux qui veulent en parler, Artège, 2017, p. 92-96.
La sécession territoriale. Cf. la Bosnie-Herzégovine détachée de la Yougoslavie en 1992 et le Kosovo détaché de la Serbie en 1999.

L’HÉRITAGE GÉOPOLITIQUE
L’expansion universelle de l’islam a engendré l’élaboration de principes géopolitiques fondés sur la division du monde en blocs antagonistes :
La Demeure de l’Islam (Dar el-Islam). Les musulmans y forment « une communauté de croyants » qui « ordonnent ce qui est convenable et interdisent ce qui est blâmable » (Coran 9, 71), permettant ainsi de faire prévaloir la paix et la justice.
La Demeure de la Guerre (Dar el-Harb). Territoire et société qui échappent encore à l’Islam mais qu’il convient de lui soumettre par divers moyens (la charia, la contrainte, les relations sociales, etc.).
En attendant l’échéance finale, il existe une voie provisoire, la Demeure de la Trêve ou de la Conciliation (Dar el-Sohl).
Ces principes n’excluent cependant pas le recours à des aménagements temporaires en fonction des contextes sociaux et politiques auxquels l’islam est confronté à travers son histoire et dans le monde actuel. Il faut également tenir compte des choix individuels opérés, hier et aujourd’hui, par des personnes qui, bien qu’issues de milieux musulmans, négligent une partie ou la totalité des principes fondamentaux de l’islam, sans pour autant renoncer à leur identité d’origine.
DES « ACCOMMODEMENTS RAISONNABLES »
Aujourd’hui, des populations musulmanes de plus en plus nombreuses et de diverses provenances sont présentes sur l’ensemble du continent européen (cf. PFV n° 109). Désormais établies en dehors de leurs territoires originels et historiques, que ce soit par leur naturalisation ou par leur permis de séjour, elles vivent donc sur ce qu’il est parfois convenu d’appeler « Terre de mécréance » ou « Domaine des infidèles » (Dar el-Kufr). Ce terme s’applique surtout aux lieux et aux populations qui ont connu une domination musulmane comme la Péninsule Ibérique.
Donc, lorsque l’islam est minoritaire, il compose avec la majorité locale, tenant compte pour cela des circonstances et des rapports de forces, mais sans renoncer à poursuivre son entreprise conquérante. Il s’agit de s’adapter extérieurement au contexte en respectant les lois, principes et habitudes des pays concernés tant que les circonstances ne sont pas favorables à l’instauration ou à la restauration de l’islam comme religion dominante et donc à la pleine application de la charia.
Officiellement, la charia ne fait pas partie du droit européen. Mais des jalons dans ce sens sont d’ores et déjà posés. Ils s’inscrivent dans le cadre des « accommodements raisonnables », concept imaginé pour adopter des dérogations au droit commun en vue de satisfaire à certaines exigences de la charia émises par les citoyens ou immigrés musulmans. ■ (À suivre)
Annie Laurent – La Petite Feuille Verte
Déléguée générale de CLARIFIER
115 rue de l’abbé Groult 75015 Paris
clarifierassociation@gmail.com
LA PETITE FEUILLE VERTE N°110, AVRIL 2026
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Les communistes aussi pensaient que le monde entier avait vocation à devenir communiste! De profondis, aucune idéologie basée sur le mensonge, et les textes de l’islam sont un mensonge, ne prévaudra, il faut espérer que l’islam subira bientôt ce sort pour le bien des musulmans eux-mêmes.