
« Les Français ne pardonneront pas à Emmanuel Macron son comportement d’enfant gâté qui s’accroche au joujou qu’il a cassé. »
Par Dominique Jamet.

COMMENTAIRE – Pour Emmanuel Macron, Dominique Jamet a la dent dure et presque personne aujourd’hui ne se risquerait ni n’aurait seulement envie de lui donner tort. Mais, dans le fond, Macron n’est que le reflet – il est vrai, grossi et caricatural – de la classe dirigeante d’aujourd’hui, très médiocrement cultivée, lâche et irresponsable, idéologue mais sans philosophie politique aucune, et à tous égards décadente, pour ne pas employer de mots plus crus. Ainsi Macron, si détestable soit-il, n’est-il pas le seul, ni même le vrai coupable de la situation du pays. La cause de cette situation, c’est ce que De Gaulle appelait le Système et nous, dans la ligne non démentie par l’Histoire de l’Action française, la République ! Comment se fait-il que de tels zigotos et psychopathes puissent accéder à la magistrature suprême ? Le peuple souverain est-il capable de les choisir valablement au terme de ses humeurs remuées par de fallacieuses campagnes d’excitation collective ? Fût-elle iconoclaste, la réponse est claire, l’exemple Macron probant. Les monarchies modernes, nombreuses en Europe, n’évitent pas que des zigotos à la Macron soient investis de responsabilités gouvernementales (Sánchez en Espagne). Du moins en épargnent-elles la magistrature suprême, ultime recours de la nation. Dominique Jamet le sait fort bien, mais il ne raisonne, pour la France, que sur la base du « possible » actuel. Et si celui-ci finissait par devenir lui-même impossible ? Nous ne serions plus les seuls, alors, à en prendre acte ni à rechercher un autre régime. L’espérance, disait Edgar Morin, c’est l’improbable réalisé. Ce substantiel article est paru le 31 octobre dans Boulevard Voltaire. — Je Suis Français

BULLLETIN DE MÉTÉO FRANCE POLITIQUE EN DATE DU 31 OCTOBRE 2026
« Le mois qui s’achève a été agité et tempêtueux. Novembre ne devrait apporter aucune amélioration. La journée du 5, jour de grève générale, pourrait être marquée par des débordements torrentiels et des pics de chaleur susceptibles de déclencher des incendies d’une ampleur exceptionnelle sur l’ensemble du territoire. D’une manière générale, on surveillera tous les week-ends du mois, qui risquent de donner lieu au pillage de nombreux magasins et à la destruction de bâtiments publics. Il en sera ainsi, selon les meilleurs prévisionnistes, tant que persistera l’anticyclone stationné autour du palais de l’Élysée depuis près de dix ans. En l’absence de tout changement dans le paysage politique, certains spécialistes n’écartent pas l’hypothèse audacieuse d’un mois de décembre « apocalyptique », pour reprendre leur expression. Sans certitude, pour l’instant… »
La France et les Français traversent assurément un moment à tous égards difficile. Est-il pour autant prérévolutionnaire, comme d’autres qu’elle a connus dans le passé ? Une minorité agissante le souhaite et s’y emploie avec ardeur. Une majorité massive – et passive – le redoute et s’étonne de plus en plus que le pouvoir (pour utiliser ce mot courant dont chacun peut vérifier, par ces temps qui ne courent pas, qu’il est vidé de tout contenu) se refuse à permettre à l’ensemble des citoyens de se prononcer et de refonder la légitimité perdue de ses représentants par le biais d’une élection présidentielle anticipée et des élections législatives organisées dans la foulée. Ce serait pourtant le moyen infaillible, au reste lié à la nature même des démocraties, de mettre un terme au jeu stupide et dangereux qui consiste à répondre à la manifestation par la répression, au mécontentement par la matraque, à la colère par les grenades de désencerclement, et à toutes les revendications, y compris les plus légitimes, par le silence, les fausses concertations et l’immobilisme.
Au peuple tout entier d’arbitrer entre la rue et la raison
Pourquoi, à maintes reprises, et notamment tout au long de notre XIXe siècle, l’émeute est-elle devenue insurrection, subversion, puis révolution ? Pourquoi la pression de la rue a-t-elle prévalu sur le recours aux urnes et la violence sur la légalité, par exemple en 1830, en 1848 et, une dernière fois, en septembre 1870 ? Parce que les régimes en place ne disposaient pas, et d’ailleurs ne souhaitaient pas disposer, de l’instrument décisif que constitue le suffrage universel et se refusaient à saisir la seule Cour suprême dont les arrêts ne peuvent être susceptibles d’appel, à savoir le peuple tout entier. Pourquoi le mouvement de mai 1968, où la révolte de la jeunesse, forte dans un premier temps de la sympathie de l’opinion et soutenue, dans un deuxième temps, par la classe ouvrière, la gauche unie et le Parti communiste alors puissant, n’a-t-il pas triomphé du Président qu’il jugeait vieilli et bon pour le musée ? Parce qu’un moment ébranlé par l’émeute et doutant de lui-même, de Gaulle avait naturellement demandé au peuple tout entier d’arbitrer entre la révolution et la stabilité, entre la rue et la raison. La réponse sans équivoque donnée par les Français vit se dégonfler instantanément la baudruche révolutionnaire.
Emmanuel Macron détesté, haï, rejeté
Clairement désavoué par le suffrage universel lors des élections législatives consécutives à sa stupide dissolution d’une Assemblée qui ne lui convenait pas, remplacée par une autre, où le bloc central sur lequel il fondait son pouvoir est devenu minoritaire, Emmanuel Macron s’entête à confirmer chaque jour ce que l’immense majorité des Français pense de lui, à savoir qu’il n’est pas de Gaulle (ce qui tombe sous le sens), mais désormais qu’il n’est plus leur Président, qu’ils ne veulent pas, qu’ils ne veulent plus de lui.
84 % des Français ne sont pas satisfaits de M. Macron. 16 % le soutiennent encore. Ce n’est pas la première fois qu’un Président en fin de mandat – premier ou deuxième – est minoritaire. Chirac, Mitterrand, de Gaulle lui-même… Aucun, et de loin, n’était tombé si bas. Les chiffres sont une chose. Le jugement une autre. Sarkozy finissant était discuté et contesté. Hollande pris à la blague et méprisé. L’un et l’autre après seulement cinq ans à l’Élysée. Au pouvoir depuis bientôt dix ans, Emmanuel Macron, contre les sondages, contre l’évidence, contre les chiffres, feint d’ignorer qu’il est détesté, haï, rejeté.
Ce que les Français ne lui pardonnent et ne lui pardonneront pas
C’est de s’accrocher dérisoirement au mandat qu’ils lui ont, par leurs votes, moralement retiré, c’est ce désir puéril de savourer jusqu’au dernier jour, à la dernière minute et jusqu’à la dernière goutte, ce calice que, pour leur part, ils brûlent de recracher plutôt que de boire jusqu’à la lie. Ce qu’ils ne lui pardonneront pas, c’est son bilan, dont nous sommes tous juges, et l’état dans lequel il aura mis et laissé la France, plus faible, plus pauvre, plus déprimée, plus divisée qu’il ne l’avait reçue. C’est son comportement d’enfant gâté qui s’accroche au joujou qu’il a cassé. Ce qu’ils ne lui pardonneront pas, c’est de les avoir dupés, de leur avoir caché qu’il ne les aimait pas, d’avoir été indifférent à leurs souffrances, d’être resté un étranger parmi eux. Les derniers défenseurs de Macron murmurent qu’il a pâti – et nous, donc ! – d’une mauvaise conjonction des astres, Covid-19, guerre en Ukraine, guerre au Moyen-Orient, crise mondiale. Mais quel homme serait donc celui qui, ayant aspiré puis accédé aux plus hautes responsabilités, déclinerait celle d’y avoir échoué et la rejetterait sur d’autres, et d’abord comme d’autres avant lui, sur un peuple qui n’aurait finalement pas été à la hauteur de celui qu’il avait élu.
Il faut beaucoup d’ambition, beaucoup d’audace, beaucoup de culot pour briguer la magistrature suprême. Il y faut parfois, tout bonnement, beaucoup de présomption, confinant à la mégalomanie. L’observation ne vaut pas seulement pour l’actuel détenteur du poste. Mais celui-ci, de l’avis général, ne sera pas seulement étudié et jugé par l’Histoire. Son cas, je veux dire sa personnalité, sera sans nul doute un inépuisable sujet d’étude pour les experts des maladies mentales. Beaucoup, sans nul doute, pointeront le grand meeting de 2017 où le jeune challenger amoureux de lui-même, au bord de l’extase ou de la crise de nerfs, hurlait qu’il fallait voter pour lui, « à cause de mon projet ». Dans cette phrase ultime, le mot essentiel n’était pas « projet » mais « mon ». Nous l’avons compris plus tard, et d’abord lorsque l’exercice du pouvoir par le Président-prodige autoproclamé amena à substituer au mythe d’un olympien Jupiter, maître du temps et du monde, la réalité d’un Phaéton qui prétendait diriger le char de l’État alors qu’on lui avait retiré son permis de conduire.o■oDOMINIQUE JAMET













À l’élégant bavardage de M. Jamet, je préfère la question posée par JSF :
« Le peuple souverain est-il capable de les choisir valablement au terme de ses humeurs remuées par de fallacieuses campagnes d’excitation collective ? »
Ch. de Gaulle, en chef d’État, pouvait encore s’adresser au peuple. De nos jours, paraphrasant le mot qu’on lui attribue, il n’y ni chef, ni État, ni peuple, ni même de nation ou de langue. Du fait de ces « campagnes d’excitations collectives », la nullité, l’imposture, la lâcheté et la confusion ont conquis les esprits et les institutions.
D’accord avec Maarc VERGIER.
J’aimerais compléter en disant que De Gaulle pouvait s’adresser au peuple, parce qu’il était détenteur d’une légitimité autre qu’électorale. Historique.
Si les informations émises sur le Net sont vraies ce petit peuple pourrait bien voter pour le maire du Havre, propriétaire d’une villa en Sicile d’une valeur de dix millions surement payé avec son petit salaire de maire ou de premier ministre?
Continuons de ne rien voir et de ne rien entendre. Continuons de confondre Bolchéviste Soviétique et Russe. Pourtant dans son film, Péponne et don Camille nous permettaient dans distinguer la nuance. Ce qui se passe de nos jours n’est pas un film, c’est toute une jeunesse perdue, c’est un pays en déroute.
Si après la guerre de quarante les ouvriers ont cru aux balivernes Soviétiques émises par certains élus, de l’eau est passée sous le pont, nous devrions être capable de retrouver notre civilisation , nos us et coutumes, notre FRANC parlé . Pour chasser cette caste de nantis qui impose sa présence et ses valeurs étrangères et personnelles sur une population qui ne veut vivre que de son travail dans une ambiance sereine.