
Mercredi 24 juin, Pedro Sánchez s’est exprimé sur les scandales de corruption qui touchent ses proches

L’OEIL DE BRUXELLES – Après l’affaire des achats de masques pendant la pandémie de Covid, puis l’affaire Zapatero, c’est désormais au tour de la femme du Premier ministre espagnol, Begoña Gómez, d’être accusée de corruption. Assommé par ces scandales à répétition, Pedro Sánchez s’est exprimé mercredi 24 juin.
« Un pistolet dans chaque main et des coups de feu qui fusent » [El Mundo]. C’est ainsi que l’un des principaux quotidiens espagnols décrit l’intervention du chef du gouvernement espagnol, confronté à la multiplication des affaires judiciaires visant son entourage et le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE). Après l’affaire des masques et l’affaire Zapatero, les scandales se succèdent et fragilisent l’exécutif.
Un gouvernement miné par les affaires

Alors que mercredi 24 juin, Pedro Sánchez tentait de défendre son gouvernement au Parlement, son épouse Begoña Gómez, inculpée pour détournement de fonds, trafic d’influence, corruption dans des opérations commerciales et malversations, remettait son passeport aux autorités. Un nouveau coup dur pour le Premier ministre socialiste qui, un peu plus encore, se voit sommé de donner sa démission.
Pour le chef du gouvernement espagnol, « l’un des rares dirigeants de gauche en Europe » [Le Monde], l’ambiance n’est pas au beau fixe. Mercredi, le dirigeant européen a nié toute « corruption générale » au sein de son gouvernement et a assuré qu’il n’aurait pas « toléré » de pratiques illicites, rapporte Perfil. Les affaires touchent son mentor José Luis Rodríguez Zapatero, son frère David Sánchez, son ancien ministre des Transports José Luis Ábalos, et désormais son épouse.

Fin mai, José Luis Rodríguez Zapatero, « icône de la gauche » pour avoir légalisé le mariage homosexuel et réhabilité les victimes du franquisme, avait été mis en examen pour « trafic d’influence » et « blanchiment » [Le Point]. « Il est soupçonné d’être intervenu de façon irrégulière dans le sauvetage à 53 millions d’euros d’une compagnie aérienne en 2021 » [Le Monde] et d’entretenir des contacts avec des entrepreneurs véreux au Venezuela.
Le 22 juin, la Cour suprême a condamné José Luis Ábalos « [à 24 ans de prison] pour association de malfaiteurs, corruption, détournement de fonds et trafic d’influence, dans une affaire liée à l’achat de masques pendant la pandémie de Covid-19. » [La Nación]. « L’ancien conseiller ministériel, Koldo García, et l’homme d’affaires Víctor de Aldama ont également été condamnés dans la même affaire, à 19 ans et huit mois et quatre ans et demi, respectivement« , précise le journal espagnol.
« Un jour funeste pour ceux qui [croient] en la justice«

Nouveau rebondissement mercredi : alors que Pedro Sánchez s’expliquait devant l’hémicycle espagnol, son épouse, Begoña Gómez, « a remis son passeport […] au tribunal de la Plaza de Castilla (Madrid), conformément à la décision du juge Juan Carlos Peinado » [El Mundo].
Elle est désormais interdite de quitter l’Espagne jusqu’à son procès. « Cette décision s’inscrit dans une enquête ouverte en avril 2024« , rappelle Ouest-France. En avril 2026, l’épouse du chef du gouvernement a été formellement inculpée pour plusieurs délits financiers.
La mesure a provoqué de vives réactions. Le ministre de la Justice, Félix Bolaños, a dénoncé sur X « un jour funeste pour ceux d’entre nous qui [croient] en la justice« , estimant que « la raison et la vérité finiront par l’emporter« .
Une pression politique croissante

Face à ces scandales, les appels à la démission se multiplient. Selon le politologue Pablo Simón, Pedro Sánchez a une capacité « à tenir bon [pendant que] beaucoup d’autres leaders auraient flanché » [Le Point]. Toutefois, la fébrilité gouvernementale se fait toujours plus persistante et les voix se lèvent en faveur de sa démission, ou au moins, d’élections anticipées.
Le leader du parti d’extrême droite Vox, Santiago Abascal, a quant à lui déclaré : « Nous ne supportons plus tous ces scandales. […] La corruption, c’est vous ! […]. Vous n’éprouvez même pas un minimum de honte », avant d’exiger la convocation d’élections « dès maintenant » [Le Monde]. Une position reprise par le parti indépendantiste catalan Junts, ce dernier appelant le Premier ministre à faire comme son homologue britannique, Keir Starmer, qui a démissionné en début de semaine.

Sans budget depuis trois ans, à la tête d’un exécutif minoritaire, le leader socialiste doit bientôt annoncer la date des prochaines élections générales. « Avec tout ce qu’il se passe, il est indécent qu’il reste un jour de plus« , lui a lancé le chef de l’opposition libérale Alberto Núñez Feijóo. Même Gabriel Rufián, allié de gauche du leader socialiste, appelle de ses vœux « la fin de cette agonie » [Le Point]. »Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, a déclaré que ‘l’incident est profondément inquiétant car il s’est produit sur un site contenant de larges quantités de matériel nucléaire‘, selon un communiqué de l’agence » [La République des Pyrénées]. o■ o J.-P. S.











