Aller au contenu

JE SUIS FRANÇAIS

Le quotidien royaliste sur la toile

Search
  • Accueil
  • Politique
    • France
    • Europe
    • Monde
    • Les Lundis de Louis-Joseph Delanglade
    • En deux mots, réflexion sur l’actualité
    • Défense nationale
    • Social, economie…
    • Chiffres en vrac sur la France actuelle
    • Grain de sel … actualité
  • Comte de Paris
    • Monseigneur le Comte de Paris, Famille de France
  • Annonces
    • Activités, Presse, Mouvement
    • Annonces à propos de JSF
  • Société
    • Immigration – Insécurité – Anti racisme
    • Education
    • Justice
    • Patrimoine, Racines, Traditions
    • Politique et Religion
    • Humour
  • Vidéo-Audio
    • Vidéos
    • Audios
  • Idées-Culture
    • GRANDS TEXTES
    • Idées, Histoire, Culture & Civilisation
    • Patrimoine cinématographique [P. Builly]
    • Ephémérides
    • Visuels
    • Nos lecteurs ont la parole…
    • Aux nouveaux lecteurs qui nous découvrent…
    • Journal d’un royaliste français au Maroc
  • République ou Royauté
    • République ou Royauté ?
    • Révolution – Terrorisme – Totalitarisme
  • Dossiers
    • Lire Jacques Bainville
    • Bainville : Journal année 14
    • Pierre Debray – Une politique pour l’an 2000
    • Pierre Debray – Maurras et le Fascisme
    • L’Action française dans la Grande Guerre
    • Mai 68
  • RechercheRecherche

Pierre Vermeren : La Guerre des goals

mardi 7 juillet 2026mardi 7 juillet 2026 sur JSF
Deux stades bordelais, deux mondes. À gauche, match entre l’Union Bordeaux Bègles et Montpellier au stade Chaban-Delmas, avril 2026. À droite, les Girondins de Bordeaux face à Grenoble Foot 38 au stade Matmut Atlantique, avril 2023. © DANIEL VAQUERO/SIPA

La bataille des stades : rugby VS foot

Par Pierre Vermeren.  

Pour une majorité de Français — très probablement — l’actualité, c’est le sport et, plus particulièrement, le football. La « grande actualité » — la politique ou la géopolitique — a atteint les limites du ridicule et/ou de l’abjection, au-delà desquelles s’installent le dégoût, la répulsion, l’indifférence blasée ou la sourde colère… Pourtant, le sport reflète lui aussi cette évolution et n’en sort pas indemne ; presque au contraire. Pierre Vermeren, toujours grand connaisseur des sujets qu’il traite, dresse ici un saisissant parallèle entre les deux domaines et, selon sa manière, en met en lumière les ressorts profonds. Par là, cette actualité sportive rejoint le Politique, au sens plein du terme. Le Politique qui, selon les vieilles définitions comtiennes, englobe tous les domaines de la vie humaine et, par conséquent, de la vie sociale. Cet article sportif devrait donc intéresser aussi, bien sûr, les esprits politiques. Il est paru dans Causeur, le 3 juillet. — Je Suis Français

Bordeaux est un laboratoire de la lutte des classes qui oppose ballon rond et ballon ovale. Après avoir envoyé le glorieux club des Girondins dans un stade ruineux situé en périphérie, les élites boboïsantes célèbrent l’ascension du rugby de l’Union Bordeaux Bègles. Quant à la vieille France populaire, il lui reste un football mondialisé et créolisé qu’elle ne reconnaît plus.

Pierre Vermeren © Hannah Assouline

La descente aux enfers d’un des plus prestigieux clubs de football français depuis les années 1970, les Girondins de Bordeaux  – champion de France en 1984, 1985, 1987, 1999 et 2009 –, et par symétrie, la montée au firmament du rugby de l’Union Bordeaux Bègles (UBB) – Champions Cup 2025 et 2026 –, club fondé en 2006 par la fusion des deux clubs éponymes, ne doit rien au hasard. Cette double trajectoire a permis aux édiles de Bordeaux de parachever l’image du nouveau Bordeaux métropolisé créé par Alain Juppé : celle d’une eurocité bourgeoise tertiarisée, liquidant le passif footballistique de la ville populaire des travailleurs de la vigne et du port. Bordeaux, capitale élitaire de la nouvelle France métropolitaine, se voyait mal assumer l’image du nouveau football français, le « Racaille Football Club » décrit par Daniel Riolo en 2013.

Le stade historique Chaban-Delmas, construit sous le Front populaire au centre de la ville, a été cédé à l’UBB. Le football a quitté la ville pour le très grand stade Matmut réalisé en 2015 – devenu Stade Atlantique Bordeaux Métropole après sa faillite en 2025 –, à dix kilomètres du précédent. Celui-ci a ruiné le club par son loyer excessif – 135,5 millions d’euros de charges estimés en 2014. Les Girondins ont été pillés par un fonds d’investissement américain qui a vendu ses meilleurs joueurs, fermé le centre de formation – coupant toute possibilité de formation professionnelle au football à Bordeaux –, et le club ruiné est descendu en National 2. Il joue désormais chaque semaine contre Les Herbiers (Vendée), Grandville ou Locminé. Une véritable liquidation générale !

Le foot mis à distance

Tenu en marge par les élites bourgeoises françaises depuis son arrivée en France à la fin du XIXe siècle, le football, en dépit de son succès populaire mondial et de ses réussites nationales, paye le prix de son ancrage britannique, ouvrier et populaire, et désormais de la mondialisation et de la dénationalisation de ses équipes multiethniques. Les élites françaises n’ont jamais financé de bonne grâce les clubs nationaux, pauvres, voire souvent proches de la faillite, face aux rivaux européens. Elles ont entravé leur développement économique et refusé que leurs enfants se compromettent dans ce sport investi dès l’origine par les enfants des ouvriers urbains, et aujourd’hui par ceux de la « nouvelle France » métissée louée par Mélenchon. Livré au communautarisme des banlieues, et alimenté par des marchands d’hommes qui écument les terrains d’Afrique à la recherche de jeunes talents vite naturalisés, le football français est marginalisé aux yeux de nos élites, même si aujourd’hui, les politiques soucieux de faire peuple jouent volontiers les supporteurs.

Bordeaux fait figure de laboratoire de cette lutte mal assumée entre football et rugby. Nos élites ont relégué la France du football – qui associe dans un étrange attelage le public populaire de la « vieille France » aux enfants de l’immigration africaine, et parfois aux capitaux mondialisés du Golfe ou d’ailleurs. Elles ont à l’inverse érigé le rugby en véritable épiphanie (révélation) de la « nouvelle France » métropolisée de leurs rêves – qui n’est pas celle de Mélenchon. Nos dirigeants ont de facto élu ce grand sport collectif conçu par les élites britanniques du xixe siècle, en feignant d’oublier son ancrage populaire dans les campagnes du sud de la France.

L’ethnicisation du football a été rendue possible par l’arrêt Bosman de la Cour de justice des communautés européennes (CJCE) de 1995. Celui-ci a ouvert le recrutement des équipes professionnelles de football aux vents de la mondialisation (2011 pour les pays Afrique-Caraïbes-Pacifique), détruisant en quelques années les identités et les ancrages urbains, territoriaux et nationaux des équipes professionnelles d’Europe. Leurs joueurs sont devenus de véritables mercenaires, ce qui a accentué la défiance de nos élites pour ce sport, et provoqué l’indifférence croissante d’une partie du public français.

L’histoire de la mise à distance du football a toutefois des origines bien plus anciennes. Depuis la fin du XIXe siècle, les élites françaises ont manifesté une véritable hargne contre la pratique et le développement du football en France, tenu pour une manifestation de l’esprit mercantile des Britanniques. Le football s’est donc d’abord acclimaté dans le Nord. Et c’est la Première Guerre mondiale, et son grand brassage des peuples et des classes sociales, qui lui a donné une dimension nationale.

Lutte des sports

Dès les débuts de la Troisième République, les élites françaises accompagnent le développement du sport grâce à l’Union des sociétés françaises de sports athlétiques (USFSA), fondée en 1887. L’Union boycotte sans vergogne le football au profit du rugby. Elle refuse la professionnalisation du football – établie dès 1885 en Angleterre –, qui a entraîné l’entrée des classes populaires dans ce sport. La monarchie britannique qui se démocratise n’a pas peur des cultures populaires, tandis que la République française s’en méfie profondément. Est-ce à cause du jacobinisme, du souvenir hanté de la Terreur ? Ou encore de la persistance de l’esprit aristocratique qui fascine nos classes dirigeantes ? Ces dernières refusent la mobilité sociale engendrée par la professionnalisation, mais aussi les paris, perçus comme de véritables vices anglais. En France, la gratuité est un principe, et notre culture nationale répugne au marché, d’où la préférence pour la pratique élitiste et dilettante du tennis, des sports nautiques et du rugby. L’USFSA accepte en 1891 le premier Championnat de France de « football-rugby ».

C’est donc de manière autonome et tardive que se développe le football français dans les villes ouvrières et portuaires du Nord de la France et à Paris, là où souffle l’influence britannique. Le premier club est celui du Havre en 1894, suivi du Racing club de Roubaix en 1895. En 1896, le football naît à Dieppe et au Racing club de France à Paris, l’année suivante à Marseille, puis à Lille et à Boulogne-sur-Mer en 1898, en 1900 au Stade français à Paris, puis à Calais et à Bordeaux en 1903…

 En 1904, l’USFSA crée la FIFA (Fédération internationale de football association) afin de garder le contrôle de la situation. Elle invente dans la foulée le Championnat de France, qui débute dans le Nord. L’Angleterre refuse la FIFA, ce qui arrange l’USFSA, mais celle-ci perd son emprise. En effet, le football catholique des patronages, choisi à dessein par l’Église comme sport emblématique, accentue la tension avec l’État laïque de 1905. Ce sport progresse désormais partout. Ainsi, en 1914, alors que l’Angleterre compte plus de 400 clubs et 6 000 joueurs professionnels, la France compte 200 000 licenciés dans plus de 2 000 clubs amateurs.

La Grande Guerre accentue le mouvement. Les Anglais sont partout au nord de la France non envahie, et le foot se pratique même à l’armée entre alliés. La Coupe de France naît en 1917, et un championnat de France de football féminin est créé à la victoire en 1918. Des ligues régionales éclosent à l’initiative des clubs (dans le Nord dès 1918). Dix-huit ligues régionales nées en 1921 sur les ruines de l’USFSA créent un championnat de Division d’Honneur. Et la Coupe de France s’affirme dans les années 1920.

C’en est trop pour nos élites. Elles obtiennent la mort du championnat féminin. Puis les grands clubs limitent le nombre d’inscrits afin de faire de la Coupe de France une compétition élitiste, ce qui est loin de son esprit. Enfin, elles résistent jusqu’en 1932 à la professionnalisation du football. Quarante-sept ans après l’Angleterre, et soixante-six ans avant le rugby, les meilleurs clubs de football français deviennent professionnels. Mais ces « clubs autorisés » demeurent des associations loi 1901 qui ne peuvent aligner des joueurs rémunérés, ce qui leur enlève toute possibilité de créer de la valeur. De toute façon, nul ne consent à y investir ! La presse d’entre-deux-guerres ne cache pas sa gêne face au football peu mis en avant par rapport à l’automobile, le rugby ou le cyclisme.

L’épopée des Girondins

Le nouveau sport du peuple demeure marginalisé. Le club des Girondins de Bordeaux, créé en 1920, est emblématique de cette histoire, qui se provincialise et se nationalise entre les deux guerres. Marseille surclasse alors Paris, tandis que le football se développe en Algérie. Après l’aide du Front populaire dont ont bénéficié le football et les Girondins en particulier, Vichy se venge : le football féminin est liquidé en 1941, le football professionnel en 1943. Mais la victoire du gaullisme et de la résistance à Vichy ouvre enfin les portes de la popularité et de la reconnaissance au football français. En trente ans, notre plus grand sport populaire devient capable de rivaliser avec ses rivaux. Au grand Reims des années cinquante succèdent le grand Saint-Étienne des années soixante-dix et le grand Bordeaux des années quatre-vingt, qui atteignent respectivement la finale et la demi-finale de la Coupe des clubs champions. Sans la remporter. Mais les classes populaires françaises et l’immigration européenne de France ont trouvé leur sport favori. La Coupe du monde est encore loin.

L’âge d’or du grand football bordelais. Les Girondins de Bordeaux célèbrent leur victoire en Coupe de France, 1987. D.R.

Cependant, l’amour et la popularité du football au sein du peuple peinent à trouver la reconnaissance des élites. Seuls une poignée de passionnés, quelques intérêts électoraux et le développement de la télévision masquent cette inertie. Professionnalisés en 1937, les Girondins de Bordeaux deviennent dans les années cinquante une place forte du football français. Ils sont sacrés champions de France en 1950, dès leur accès à la première division. Mais la mutation du club s’opère grâce à son trésorier dès 1974, Claude Bez, devenu président en 1978. L’expert-comptable de 38 ans injecte des millions de francs dans les caisses bordelaises. En s’appuyant sur Aimé Jacquet à l’entraînement et sur Alain Giresse sur le terrain, il fait de l’équipe au scapulaire l’une des meilleures de France. Il invente même le moyen de financer le football grâce à la télévision. Tout ce que la France compte de joueurs d’importance passe par Bordeaux (Lacombe, Tigana, Jean Fernandez, Trésor, Dropsy, Domenech, Battiston, Girard, Touré, Müller, les jumeaux Vujovic). La série ne s’arrête pas au départ de Bez en 1991. Zidane arrive à Bordeaux l’année suivante. En 1999, M6 devient l’actionnaire principal du groupe, et la machine est relancée. Bordeaux possède un des meilleurs centres de formation de France. En 2007, le président Triaud nomme Laurent Blanc entraîneur. La saison 2009-2010 est la meilleure des Girondins en Ligue des Champions : Bordeaux bat la Juventus et le Bayern, retrouve l’Europe, puis gagne la coupe de France (2013). Pendant ces décennies, les succès des Girondins préparent les victoires de l’équipe de France. La liste de leurs joueurs vedettes s’allonge. Mais la période faste prend fin. Car Bordeaux trépigne.

Le succès du club transforme la ville en spot hebdomadaire pour des dizaines de milliers de supporteurs venus du grand Sud-Ouest. Plus Bordeaux perd ses classes populaires (avec le départ du port, puis de l’industrie, en attendant la métropolisation des années 2000), plus des voitures populaires au diesel affluent le samedi ou le dimanche soir de la Vendée ou du Béarn, en passant par les vallées de la Garonne et de la Dordogne. Sur des kilomètres, autour du stade, les trottoirs se couvrent de milliers de voitures garées comme elles peuvent, tandis qu’à ses abords, des centaines de stands et de camions de vente écoulent à des familles entières des tonnes de ventrèche, de frites, de bière et de merguez-sandwich. Ça sent la fumée, le graillon et la bière avant que le stade s’enflamme de chants montant des virages nord et sud (Ultramarines), kops de supporteurs grisés par leurs héros (mais parfaitement pacifiques) qui chantent et crient de joie durant des heures. Le club des supporteurs compte parmi les plus fidèles, les plus nombreux et chantant de France. Mais alors que la ville se repeuple « élégamment », avec un prix de l’immobilier multiplié par quatre entre 1995 et 2015, la Mairie est saisie de plaintes et assaillie de lamentations. L’afflux hebdomadaire du petit peuple dans la ville gentrifiée, fût-il pacifique et old school, issu du grand Sud-Ouest, dérange. Il faut faire quelque chose et changer l’image de la ville. Cela ne va pas tarder.

Mis hors-jeu

En 2006, l’UBB est créée à l’initiative d’Alain Juppé, puis en 2012 il lance les travaux du stade Matmut. En 2015, le stade « Chaban-Delmas » est cédé à l’UBB, et les Girondins sont envoyés au Matmut, ce cadeau empoisonné. Pour accéder à ce stade luxueux construit au milieu des marécages, il faut une voiture. Une ligne de tram a bien été construite, mais comme les routes d’accès, elle est sous-calibrée. Pendant des années, arriver au stade est un enfer. De plus, il a coûté une fortune, et la rente demandée aux Girondins excède leurs capacités. M6 cède ses parts en 2018 au fonds américain GACP Sports dirigé par Joseph DaGrosa Jr. Avec 80 millions d’euros annoncés sur cinq à dix ans, il ne parie que sur l’intérêt financier (dixit). Malgré un loyer annuel de 3,7 millions d’euros sur vingt-sept ans, la Mairie valide le choix contre l’avis des supporteurs. Le centre de formation est fermé, les joueurs bancable sont vendus, aucun argent n’est injecté et le club s’effondre. De jeunes joueurs inconnus venus d’Afrique, des Caraïbes ou d’Europe de l’Est ne font que passer, et le club descend en D2. En 2021, son déficit hors mutations est estimé à 50 millions d’euros. King Street annonce en avril qu’il « ne souhaite plus soutenir le club ni financer ses besoins actuels et futurs ». Le pillage a duré trois ans.

Le Matmut Atlantique, devenu Stade Atlantique Bordeaux Métropole en 2025 après la faillite des Girondins. Construit loin du centre-ville, ce stade froid et surdimensionné symbolise la relégation du football bordelais hors de la ville populaire. © D.R.

Le repreneur étranger trouvé non sans mal jette l’éponge en 2024 à cause du coût du Matmut. Le 25 juillet 2024, le club en faillite perd son statut professionnel, dépose son bilan et descend en National 2, une honte. Sa dette atteint 94 millions d’euros, et son remboursement est étalé sur dix ans. Le tribunal la réduit à 24 millions d’euros, et un homme d’affaires hispano-luxembourgeois s’engage à la rembourser en continuant l’exploitation ; et Bordeaux Métropole (l’ancienne communauté urbaine) acquiert le Titanic du Matmut et le rebaptise Stade Atlantique Bordeaux Métropole. La boucle est bouclée.

Pendant ce temps, le rugby bordelais a le vent en poupe. En 2025, l’UBB est le cinquième club français à remporter la Coupe d’Europe de Rugby. La fusion du Stade bordelais et du club de Bègles (l’ex-ville rouge attenante), qui fut deux fois champion de France, s’est opérée sur une base égalitaire, mais profite surtout à Bordeaux. Alain Juppé et Noël Mamère ont poussé l’opération en dépit des vives résistances. Le stade Chaban-Delmas (soi-disant dégradé pour chasser les Girondins), lieu de tant d’exploits footballistiques, a pesé lourd dans la corbeille. La « rationalisation de l’offre », l’« attractivité » attendue du rugby et la faiblesse du budget ont convaincu les plus réticents : 5,3 millions d’euros en 2010-2011, saison de la montée du club dans l’élite du rugby, à comparer aux 350 millions de budget – 500 selon les opposants – du Matmut ! En 2025, l’UBB remporte son premier titre en Champions Cup en battant les Anglais de Northampton. L’apothéose attendue par une ville qui a tourné la page de son peuple. Les Girondins ont été mis hors-jeu.

La “Vieille France” reléguée

La morale de l’histoire est simple. Les élites françaises n’ont jamais accepté le football. Elles ont subi son ascension après l’avoir entravée. Elles préfèrent le rugby sans y envoyer leurs enfants au-delà du lycée car, sauf exceptions, les joueurs sont d’abord de solides gaillards des campagnes du Sud-Ouest. Rien de tel dans le public populaire des villes et campagnes de France, qui se partagent selon des critères géographiques plus que moraux. En pays de langue d’oc, le rugby prédomine mais sans exclusive, surtout dans les villes ouvrières et migratoires comme Marseille, capitale du football. Dans les pays d’oïl, l’ancienne France ouvrière du Nord et de l’Est, le football écrase tout. Les enfants de la classe ouvrière française et immigrée d’Europe ont fait ses beaux jours jusqu’à l’arrêt Bosman. Depuis lors, avec le peuplement des banlieues par l’immigration africaine, le football a changé de visage, même si, sauf à Marseille et Paris, le public des stades reste presque exclusivement old school.

C’est ainsi que la « nouvelle France » de Mélenchon a mis la main sur le football grâce aux capitaux et aux joueurs étrangers, tandis que la « Nouvelle France boboïsée » rêvée par nos élites célèbre le rugby retrouvé. Si le Midi rural consent à l’appropriation du ballon ovale par les grandes villes, la France ouvrière du Nord dépossédée de ses usines et de son sport favori n’a plus que ses yeux pour pleurer. La « Vieille France » reléguée va toujours au stade, mais ne peut plus y envoyer ses fils. Il lui reste le RC Lens pour s’accrocher à sa fierté perdue, et le bulletin de vote pour faire savoir ce qu’elle en pense. Les « gilets jaunes » de Gironde avaient prévenu. o ■ o PIERRE VERMEREN

Pierre Vermeren 

Face à l’obscurantisme woke

L’Empire colonial français en Afrique – Capes Histoire-Géographie: Métropole et colonies, sociétés coloniales, de la conférence de Berlin (1884-85) aux Accords d’Evian

Les Frères musulmans à l’épreuve du pouvoir: Égypte, Tunisie (2011-2021)

facebook sharing button 

Categories France, Idées, Histoire, Culture & Civilisation, Immigration - Insécurité - Anti racisme, Social, economie...
Post navigation
800ᵉ anniversaire du sacre de Saint Louis – « Le roi de guerre et de justice ». Entretien de François-Régis Legrier avec Jean-Baptiste Noé (Conflits) – Vidéo [47 min]
Vidéo courte — Nicolas Pouvreau-Monti (Observatoire de l’Immigration et de la Démographie) : « La population immigtée en France a augmenté de 80% depuis l’an 2000 ! »

Laisser un commentaire Annuler la réponse

L'association Je Suis Français est la seule destinataire de vos données personnelles qui ne sont en aucun cas transmises à des tiers sous quelque forme que ce soit.

Archives

Notre marque

Peinture par un jeune artiste Prix de Rome, offerte à l’U.R.P. pour le 7e centenaire de la mort de Saint-Louis [1970] © U.R.P. [Peut être reprise sur autorisation écrite.]

Prince Jean : « Le rôle politique, je l’ai »

« Le rôle politique, je l’ai sans avoir besoin d’être élu. C’est tout à fait dans le rôle d’un prince de pouvoir sortir un peu de cet échange partisan et de s’intéresser au bien commun, à l’intérêt général de la Cité. »

_____________________________________

Direction de Je Suis Français
Yves Boulon – Sylvie Gaud-Hueber – Jean Gugliotta – Jean-Louis Hueber – Paul Léonetti – Gérard Pol.         
_____________________________________

Ce quotidien a un coût. Son audience un prix. Aidez-nous ! Faites un don ! À partir de 5 €. Merci !

Faire un don ? Le plus simple, c’est PayPal. Dons en ligne – en toute sécurité. Utiliser le bouton PayPal ci-dessous

Sinon, par chèque. Ordre : Je Suis Français – Adresse postale : Je Suis Français, 50 rue Jean Mermoz, 13008 MARSEILLE

__________________________________

Rubriques Chroniqueurs

POLITIQUE
. Les Lundis de Louis-Joseph Delanglade. Contribution â l’expression de notre ligne politique [France & Étranger].
. En deux mots, par Gérard Pol. Réflexion sur l’actualité française et internationale.
. Idées et débats par Pierre de Meuse.
. Les chroniques moyen-orientales d’Antoine de Lacoste,
. Les analyses économiques de plusieurs spécialistes.
. Dans la presse et Sur la toile. Des réactions courtes aux articles, vidéos, audios, les plus marquants.
. Les GRANDS TEXTES politiques.
CULTURE
. Péroncel-Hugoz : Journal du Maroc et d’ailleurs [Inédit]. Autres contributions : Histoire, géographie, lectures et reportages.
. Les études de Rémi Hugues ; Histoire, sociologie politique, philo et actualité. Des séries originales et documentées.
. Patrimoine cinématographique et autres sujets  : les chroniques dominicales de Pierre Builly 
. Les éphémérides.
ANNONCES DES PRINCIPALES ACTIVITÉS
du monde royaliste. Presse et revues, réunions, conférences, colloques, manifestations, etc.
COMTE DE PARIS – FAMILLE DE FRANCE
. Messages, tribunes, activités, du Prince Jean, Comte de Paris. Les événements de la Famille de France. Et complément : les récits et choses vues de Francesca.
__________________________________

L’Histoire de France  jour après jour. Personnages célèbres, écrivains, savants, artistes, religieux, chefs militaires. Événements majeurs. Œuvres d’art, monuments et sites d’un héritage exceptionnel : le nôtre.

     _____________________________

CLIQUEZ SUR LES IMAGES   

_________________________________

 

Se renseigner – S’abonner     

 _____________   

S’abonner sur le site de Politique magazine :

___________________________________

____________________________ 

Les principales activités royalistes annoncées ici. Revues, réunions, conférences, colloques, manifestations, etc. Image : © GAR


(Sur le site de l’Action Française)
_________________________________ 

Le site géostratégique d’Antone de Lacoste _________________________________ 

Fédération Royaliste Provençale
Fédération régionale de l’Action Française

_______________________________

Livres à la une

Le dernier ouvrage de Jean-Paul Brighelli, – agrégé de Lettres, qui a enseigné pendant 45 ans :  « La fabrique du crétin – Vers l’apocalypse scolaire« , le tome 2 de son succès d’édition, déjà vendu à 150 000 exemplaires. Cliquez sur l’image.

_________

L’Action française est aujourd’hui le plus ancien et, dans sa continuelle vitalité, le plus constamment jeune des mouvements politiques, toutes tendances confondues. Elle se renouvelle à chaque génération, dans la permanence, sans cesse ravivée et adaptée, d’une doctrine, d’une vision, d’une action. Cliquez sur l’image.
__________________________________

JSF recommande à ses lecteurs d’adhérer à l’Action Française

Chers lcteurs, il ne suffit pas de nous lire. Si vous le souhaitez, si vous le pouvez, nous vous recommandons d’adhérer à l’Action Française, pour soutenir, renforcer, participer au mouvement royaliste. L’année commence, c’est le moment ! Cliquez sur l’image !   JSF
__________________________________

Livres recommandés…

Pierre de Meuse. Derniers ouvrages parus

 

 

 

 

Idées et doctrines de la Contre-Révolution, préface de Philippe Conrad.  DMM – 2019.
Le dogme de l’antiracisme, origine, développement et conséquences, préface de Bernard Lugan,  DMM – 2024.
Informations – Achats : Cliquez sur les images.

__________________________________

Bernard Lugan : Pour répondre aux « décoloniaux », aux islamo-gauchistes et aux terroristes de la repentance

 

Présentation – Table des matières – Commandes  [CLIQUER]


Envois postaux : Je Suis Français, 50 rue Jean Mermoz, 13008 MARSEILLE 
Courriel : contact@jesuisfrancais.blog

Librairie de Flore

Cliquez sur l’image pour accéder aux produits de la Librairie de Flore ! Livres, revues, boutique …

Lettre de JSF : S’abonner, c’est utile et c’est gratuit !




Service quotidien gratuit, déjà assuré le matin pour les milliers de lecteurs inscrits. Si ce n’est pas encore votre cas, inscrivez-vous dès maintenant pour recevoir la lettre de JSF au plus vite et régulièrement. Inscription simple ci-dessous.
Pour en savoir plus, vous pouvez consulter notre politique de confidentialité.

Vérifiez votre boite de réception ou votre répertoire d’indésirables pour confirmer votre abonnement.

Comte de Paris : 60 ans d’héritage et d’avenir

https://youtu.be/MEl5wncXQ0M

. Comte de Paris, Site Officiel
. Comte de Paris, Page Facebook 
. Politique Magazine & Revue Universelle
. Maurras.net
. Action Française – Le bien commun

et
___________
JSF sur Twitter/X

Commentaires récents

  • mardi 7 Juil 10:41
    cugel sur Enfin libres !
    “L’euthanasie est elle remboursée par la caisse primaire de Sécu Soc (SS)? Et son financement est…”
  • mardi 7 Juil 09:42
    David Gattegno sur Bérénice Levet : « C’est l’effacement du père…
    “«Un homme ça s’empêche» est devenu le plus dérisoire des lieux communs, depuis que des «immoralistes»…”
  • mardi 7 Juil 08:12
    David Gattegno sur La Fontaine ou la Bruyère ?
    “Il y a certains «droits» qui sont en réalité des DEVOIRS. Et c’est pour avoir perdu…”
  • mardi 7 Juil 05:07
    ANNE sur Bérénice Levet : « C’est l’effacement du père…
    “Déjà 12 partages. Mais cette tribune les mérite bien.”
  • lundi 6 Juil 12:15
    jver sur Nikola Mirkovic : Il n’y a…
    “Quelle information Trump avait-il pour plier ainsi La Hyène?”
  • lundi 6 Juil 11:18
    NOEL sur Au point où nous en sommes…
    “Je ne rêve absolument pas d’un Franco: ce serait inacceptable. Tout dictateur parvient au pouvoir après…”
  • lundi 6 Juil 10:18
    Marc Vergier sur La Fontaine ou la Bruyère ?
    “J’adore les chats. Il y en a eu jusqu’à sept chez mes parents, toujours un, chaque…”
  • lundi 6 Juil 07:54
    Paul Pontenuovo sur Bérénice Levet : « C’est l’effacement du père…
    “Excellent article. Tout es là.”
  • lundi 6 Juil 07:02
    R.C sur Éphéméride du 6 juillet
    “A noter , après 45, organisation d’un référendum pour rattachement de la Sarre occupée à la…”
  • dimanche 5 Juil 17:42
    Joset sur Au point où nous en sommes…
    “De Gaulle avait fait des promesses au Comte de Paris pour l’après guerre. Du vent, car…”
  • dimanche 5 Juil 16:38
    JSF sur La Fontaine ou la Bruyère ?
    “L’erreur signalée par Marc Vergier a été corrigée.”
  • dimanche 5 Juil 16:22
    David Gattegno sur La Fontaine ou la Bruyère ?
    “La vie d’un chat ne vaut donc pas plus de vingt minutes… Au prorata du prix…”

EXPLOREZ LES TRÉSORS DE NOTRE HISTOIRE

EXPLOREZ LES TRÉSORS DU CINÉMA…

____________________________________

Une collection de vidéos dont un grand nombre exclusives réalisées par l’Union Royaliste Provençale. © URP/JSF – Reproduction autorisée à condition de citer la source.

Chaîne YouTube Je Suis Français. Pour une plus large audience.  (Création récente)

_____________________________________

Péroncel-Hugoz dans JSF

Retrouvez ici..

Et aussi…

_______________________________

Appel aux lecteurs de Je Suis Français : Pour la sauvegarde du patrimoine matériel de l’Action Française !

Participez à l’opération nationale de sauvegarde du patrimoine historique de l’Action Française, lancée par le Secrétariat Général du Mouvement. Tous documents ou objets divers nous intéressent : photos, films, livres, journaux, correspondance, insignes, drapeaux etc. Ecrire à Michel Franceschetti : chetti133@sfr.fr .   

PEUT-ON SORTIR DE LA CRISE ? Une étude intégrale de Pierre Debray dans JSF

Une contribution magistrale à la réflexion historique, économique, sociale, politique et stratégique de l’école d’Action Française. Étude intégrale à la disposition des lecteurs de JSF, notamment étudiants, chercheurs et passionnés d’histoire et de science économiques.  ENTRÉE

Les créations de JSF : Séries, dossiers, études

 

Etudes, séries, dossiers regroupés pour être en permanence disponibles et directement consultables   © JSF – Peut être repris à condition de citer la source Pour y accéder, cliquez sur l’image.

A lire dans JSF : Le clivage du « nouveau monde » par Rémi Hugues.

Un mini-dossier en 6 parties. Analyses et propositions. Une manière d’appréhender la situation française réelle et ses évolutions afin de fixer nos positions. A lire, donc.  Suivre les liens.  JSF     I   II  III   IV   V   VI

Quatre livres fondamentaux de Charles Maurras réédités par B2M, Belle-de-Mai éditions

Enquête sur la monarchie. (Édition de 1925), 39 €, 836 p.

Le manifeste royaliste en ouverture du XXe siècle ! (Parution courant 1900). Maurras y pose la célèbre question : « Oui ou non, l’instauration d’une monarchie héréditaire, antiparlementaire traditionnelle et décentralisée est-elle de salut public ? » !   

L’Avenir de l’intelligence, 25 €, 244 p.

Une étude de l’histoire politique et intellectuelle du XVIe au XXe siècle, où Maurras à montre comment les intellectuels et artistes attachés à produire des œuvres de l’esprit sont passés « de l’autorité des princes de notre Sang sous celle des marchands d’Or », les immenses fortunes industrielles et bancaires qui limitent la liberté de l’esprit. Maurras en appelle à une alliance entre les intellectuels et le patriotisme des Français pour renverser cette mécanique.

Kiel et Tanger, 29 €, 428 p.

Maurras y constate la tragique infériorité du régime républicain en matière de politique internationale, spécialement face à la menace allemande de l’époque. Prévoyant la guerre à venir il conclut à la nécessité de remettre un roi à la tête du pays. Prolongeant le réalisme de la pratique capétienne des relations internationales, ancêtre de la pensée géostratégique française.

La Démocratie religieuse, 31 €, 620 p.

Parution en 1921, compilant trois textes préalablement écrits par Charles Maurras : Le Dilemme de Marc Sangnier (1906) – – La politique religieuse (1912) – – L’Action française et la religion catholique (1914). Cet ouvrage voit dans la démocratie une religion nouvelle qui vide le politique de sa puissance.

Et aussi…


Henri Massis, Georges Bernanos, Maurras et l’Action française, présentation de Gérard Pol, 18 €, 104 p.

Léon Bloy, Le salut par les juifs, avant-propos de Laurent James, 20 €, 156 p.

Commandes et renseignements : B2M, Belle-de-Mai éditions – commande.b2m_edition@laposte.net

* Frais de port inclus

  • Contact
  • Mentions Légales
  • Politique de Confidentialité
Je Suis Français © 2019 Tous droits réservés.

Site réalisé par Eva Giraud Web
Retour en haut de page