
Chroniques de l’Empire romain devenu fou.
Cet article, pétri de culture historique et d’expérience de la politique du siècle, se passe fort bien de commentaire. On se dit qu’on peut être en désaccord sur bien des choses d’arrière-plan avec quelqu’un et se retrouver sur une même ligne, presque toujours, sur certains sujets cruciaux posés par le cours de l’Histoire. Ce constat gratifiant préserve, autant qu’il se peut, du sectarisme qui dessèche les esprits. — JSF

Rubrique : Vodka.
Radosław Sikorski est ministre du gouvernement polonais. Il est marié à Anne Applebaum, américaine appartenant au noyau le plus hystérique des « cinglés du sous-sol », ainsi qu’appelait George Bush père les fameux néocons fouteurs de bazar meurtrier à l’échelle mondiale. Le jour de la destruction terroriste du gazoduc Norstream 2, il avait immédiatement publié un tweet pour remercier les Américains ! Il est redevenu ministre des Affaires étrangères de Pologne et a organisé un colloque savant, probablement sponsorisé par une marque de vodka. Parce que voilà ce qu’il a expliqué, devant un parterre d’imbéciles ricanants où ne déparait pas le ministre français Benjamin Haddad : « Si la Russie nous attaquait et que nous enlevions nos gants, je pense que nous vaincrions la Russie assez rapidement. Nous disposons d’une supériorité écrasante sur la Russie en matière de puissance aérienne. »
Ben voyons… comme Napoléon et Hitler alors ?
Outre que, concernant l’armement conventionnel, la Russie est la première puissance du monde, rendant ainsi cette proposition totalement grotesque, Sikorski révèle le soin qu’il met à être au niveau d’aveuglement stupide qu’occupent déjà vaillamment Jean-Noël Barrot et Kaja Kallas.
Parce qu’il n’a manifestement pas entendu parler de la doctrine nucléaire russe. Pourtant répétée clairement à plusieurs reprises par Vladimir Poutine. Dans le passé, il n’était pas question pour l’Union soviétique et pour la Russie qui lui a succédé de mettre en œuvre une stratégie de « première frappe ». À la suite des États-Unis qui ont adopté la possibilité de cette « première frappe », la Russie a indiqué qu’elle se réservait cette possibilité en cas d’agression lui faisant courir un risque existentiel.
Cette situation a quand même bouleversé la question de la dissuasion nucléaire et de l’usage de ces armements. On pouvait dans le passé séparer la guerre conventionnelle de la guerre nucléaire, celle-ci ne pouvant que se terminer par la Destruction Mutuelle Assurée (DMA). Et comme, en plus, la maîtrise technologique russe des missiles hypersoniques a donné à la Russie un nouvel avantage dans l’escalade pouvant conduire au conflit nucléaire, la moindre des choses, vodka ou pas, serait d’éviter de dire des conneries de ce calibre.
Parce que c’est quand même tout à fait clair que, si cet analphabète excité, amateur de concours de bites, décidait d’enlever ses gants, son pays serait transformé en parking vitrifié dans les 24 heures.
Alors, quand le reste du monde, après les réunions de l’OCS et des BRICS, vient nous rappeler une fois de plus qu’il a pris congé d’un Occident devenu fou, passant son temps à se tirer des obus de mortier dans les pieds, le mieux serait peut-être de faire preuve d’un peu de réalisme. Et d’éviter les rodomontades.
Dans une lettre à Engels, Marx avait eu cette phrase : « dans l’histoire, les Polonais ont toujours fait courageusement les choses les plus stupides ».
Désormais, ce trait de caractère national contagieux est partagé par les dirigeants de tous les pays qui se rattachent à cette civilisation agonisante.
Le courage en moins évidemment. o ■oRÉGIS DE CASTELNAU
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Régis de Castelnau
est un avocat français à la retraite, devenu une figure identifiée du débat public via son blog et sa chaîne YouTube.
Il s’inscrit dans une tradition de critique politique et médiatique assumée, revendiquant une lecture souverainiste et républicaine des affaires publiques.
Son propos se distingue par une solide culture juridique et historique, qu’il mobilise pour analyser institutions, conflits internationaux et fonctionnement des médias.
Il adopte un ton volontairement polémique, cherchant moins le consensus que la confrontation argumentée.
Cette posture lui vaut une audience fidèle, sensible à son discours de rupture avec les narratifs dominants.
Ses analyses, même contestées, participent à la pluralité des points de vue dans l’espace public. Il apparaît ainsi comme un observateur engagé, plus commentateur critique que prescripteur politique.
Note établie par recours aux archives sur la toile.












