
Par Jean de Maistre.
François Bousquet pointe la prégnance du racisme anti-Blancs chez les jeunes, mais il ne semble pas avoir lu les sociologues de gauche, et c’est, selon Jean de Maistre, fort regrettable.

Ceux-ci nous expliquent pourtant bien clairement que le racisme anti-blanc n’existe pas. Se faire apostropher par des allogènes par les doux noms de « sale Français », « fankaoui de merde », « putain de ta race », « face de craie » ne sont que des manifestations d’un humour délicieusement transgressif.
Pas plus de racisme anti-blanc lorsque la gauchiste américaine Susan Sontag déclare benoîtement : « Mozart, Pascal, l’algèbre booléenne, Shakespeare, le parlementarisme, les églises baroques, Newton, l’émancipation des femmes, Kant, les ballets de Balanchine, etc., n’absolvent pas ce que cette civilisation particulière a infligé au monde. La race blanche est le cancer de l’Histoire humaine. »
Qu’allez-vous penser là ? Les sociologues nous éclairent pourtant : les races n’existent pas, mais il n’y a que la race blanche qui peut être raciste. Je ne cesse de m’émerveiller de la subtilité de la pensée de la sociologie de gauche.
Les races n’existent pas, mais il n’y a que la race blanche qui soit coupable de tous les crimes si justement pointés par une Susan Sontag. À la lecture de ces raisonnements, je prends conscience des limites de ma capacité de compréhension (peut-être parce que je suis blanc, c’est-à-dire quelque chose qui n’existe pas mais qui, en même temps, est coupable de tous les crimes, j’avoue parfois m’égarer un peu).
Lorsque le leader noir américain baptisé là-bas le Hitler noir* distille son antisémitisme, qui lui vaut l’admiration du leader du parti nazi américain, accuse les juifs d’être les seuls responsables de la traite négrière, ce n’est pas du racisme puisque l’auteur de ces déclarations… et que, par définition, les noirs ne peuvent être, etc.
Racistes et antiracistes, même biologie ?
Les limites de ma capacité de compréhension me sautent aux yeux encore plus lorsque je constate que les antiracistes raisonnent au bout du compte exactement dans les mêmes termes que les racistes en croyant que les principes politiques ne peuvent être tirés que de la biologie.
Les racistes ont besoin de « théories biologiques » affirmant une inégalité des races pour en tirer des principes politiques de ségrégation comme dans l’Afrique du Sud pendant l’apartheid. Les antiracistes, quant à eux, ont besoin d’une biologie affirmant l’inexistence des races pour en tirer l’idée d’une égale dignité de tous les hommes.
Ce qui est un peu bizarre, comme si on devait affirmer que tous les hommes sont égaux en intelligence pour légitimer le principe selon lequel un homme égale une voix dans les élections au suffrage universel.
Je croyais un peu naïvement que les principes politiques ne devaient avoir aucun rapport avec la biologie et qu’ils avaient leur logique propre. Mais c’est sans doute une illusion venue de mon infériorité intellectuelle de blanc qui, comme chacun sait, n’existe pas.
Les couleurs qui n’existent pas
Décidément, depuis ce matin, ce problème de l’inexistence des races me taraude. Si elles n’existent pas, il n’y a donc pas eu d’oppression coloniale des noirs d’Afrique, qui n’existent pas, par les blancs d’Europe, qui n’existent pas plus. Mais alors surgit une inquiétude : pourquoi alors déclarer le colonialisme crime contre l’humanité ? Pas facile dans ces conditions d’être anticolonialiste.
Tout est vraiment complexe : voici deux poètes noirs, Aimé Césaire et Léopold Sédar Senghor, qui, toute honte bue, nous affirment que non seulement les noirs sont noirs, mais qu’en plus ils devraient en être fiers en faisant l’éloge d’une notion qui devrait nous faire reculer d’horreur : la négritude !
Alors que chacun sait, depuis les enseignements d’un membre de la France Insoumise, qu’il ne faut plus dire noir, terme discriminateur et stigmatisant, mais « de couleur ». J’en suis parfaitement d’accord, mais alors, de quelle couleur ? Nouveau problème !
J’avoue pour ma part avoir quelque difficulté à voir Danièle Obono vert pistache ou jaune canari et, quand je me regarde dans la glace le matin pour me raser, j’ai quelque mal à ne pas me voir légèrement rosé (je ne bronze pas).
Peut-être y a-t-il des solutions ophtalmologiques à tous ces problèmes et la généralisation d’une opération nous rendant tous achromatoptiques, ce qui nous éviterait de percevoir les couleurs, serait souhaitable et serait donc une avancée dans la lutte contre le racisme.
Cependant, nouveau problème : l’achromatopsie fait voir le monde en blanc et en noir, couleurs dont chacun sait qu’elles ne concernent en rien les humains. Bref, la situation paraît aboutir sur une succession d’apories.
Je vais donc de ce pas relire le traité des couleurs de Goethe, je crois me souvenir qu’il y disait que le blanc n’était pas une couleur. Et si c’est bien le cas, alors en effet, il n’y a pas de racisme anti-blanc !
Tous ces problèmes sont vraiment épuisants et je vais, pour me reposer, emprunter à ma petite-fille un volume du Club des Cinq, qui sera plus à ma portée.o ■oJEAN DE MAISTRE
* Le leader noir en question, fondateur de Nation of Islam s’appelle Louis Farrakhan.
* Lire dans JSF…











